Enseigner outre-mer : La réalité d'une enseignante


Une collaboration avec notre blogueuse invitée, Valérie Robert, enseignante canadienne outre-mer.

Faire ses valises et décider de quitter son pays pour aller enseigner ailleurs est toute une décision. C’est ce que Valérie Robert, une enseignante canadienne, a décidé de faire il y a quelques années. Depuis, elle a enseigné dans trois coins du monde. Elle nous partage ce qui l’a motivé à partir à l’aventure, les différences et les ressemblances dans les systèmes d’éducation un peu partout dans le monde et ses coups de coeur.

Entrevue avec Valérie Robert, enseignante outre-mer

Qu’est-ce qui t’a motivé à aller enseigner dans un autre pays?

Ce qui m’a motivé à aller enseigner à l’étranger, c’est l’esprit de découverte, le désir de pousser mes limites au-delà de ma zone de confort. En passant une période de temps relativement longue dans une communauté, j’espérais également pouvoir développer une compréhension plus approfondie d’une autre culture. La diversité de l’expérience humaine me fascinent!

Où et à qui as-tu enseigné?

J’ai enseigné à trois endroits jusqu’à présent: à Buea (au Cameroun), à Al Ain et Abu Dhabi (aux Émirats arabes unis), ainsi qu’au Bhoutan. J’ai principalement enseigné au primaire, du jardin d’enfance à la sixième année, en plus de quelques cours pour adolescents, tel que l’anglais, la langue d’affaire. J’ai enseigné dans le système scolaire local, à l’exception d’une école internationale.

Couloir dans l'école, à Al Ain (Émirats arabes unis). Crédit : Valérie Robert

Es-tu également enseignante au Canada?

Je n’ai jamais enseigné au Canada avant de partir, et maintenant que je suis de retour, je m’y sentirais un peu hors de place. Je travaille actuellement à développer des projets, des ressources et des initiatives qui aideront à initier la jeunesse à la diversité phénoménale de notre monde. J’espère que ces projets pourront équiper nos élèves avec des outils et des stratégies qui leur permettront de mieux naviguer les questions et les conflits de valeur et de philosophie qui surgissent forcément lorsqu’on s’aventure en dehors de notre quotidien.

Quelles étaient les différences les plus marquantes entre les jeunes des pays que tu as visités et ceux du Canada?

D’un endroit à l’autre, on remarque les mêmes types de personnalités, du clown de la classe à l’élève qui aime défier l’autorité! Ce qui change peut-être parfois, selon la culture, est la façon dont certains sentiments sont exprimés. Il faut donc faire attention de ne pas faire de suppositions sans avoir investigué avec plus de profondeur. Par exemple, il est normal dans certaines cultures de ne pas répondre à une question si nous ne connaissons pas la réponse ou que nous n’en sommes pas certain, puisque cela pourrait induire l’autre en erreur. C’est une marque de respect, mais un enseignant qui n’a pas conscience de cette norme pourrait interpréter le silence d’un élève comme un manque de respect, alors que c’est tout le contraire.

Quelle importance était accordée à l’éducation là bas?

Tous les pays dans lesquels j’ai enseigné accorde de l’importance à l’éducation et en font une priorité nationale. C’est d’ailleurs dans le cadre d’un plan de développement du milieu scolaire et des ressources éducatives locales que j’ai pu aller aux Émirats Arabes Unis. Au sein des familles un peu partout dans le monde, l’éducation est également prise très au sérieux par la grande majorité, surtout là où le système scolaire formalisé est encore jeune. Comme ici, obtenir une bonne éducation est vu comme étant la meilleure chance d’améliorer son futur.

Quel est ton plus grand conseil pour ceux qui aimeraient enseigner outre-mer?

Ne pas abandonner trop vite! Le choc culturel prend plusieurs mois à s’effacer, peu importe si c’est votre première fois à l’étranger ou non. Un jour, vous vous surprendrez à ne pas remarquer ce qui vous apparaissait au départ ahurissant, inquiétant ou effrayant. Vous avez beaucoup plus de résistance et votre capacité d’adaptation est plus haute que vous ne le croyez!

Rues du village de l'école au Bhoutan. Crédit : Valérie Robert
 Ton coup de coeur?

Il est difficile de n’en choisir qu’un seul! Je dirais le Bhoutan, puisque c’est là que j’ai eu la chance de réellement vivre au sein de la communauté et de me faire de bons amis. Je le choisis aussi pour sa beauté naturelle et pour l’esprit de générosité qui y est commun.

La suite...

Valérie partagera d’autres de ces aventures et de ses découvertes avec nous tout au long de l’année scolaire. Revenez donc bientôt pour lire la suite.

Valérie Robert est une enseignante canadienne au niveau primaire qui a enseigné au Cameroun, aux Émirats arabes unis et au Bhoutan. Elle étudie présentement la télédiffusion où elle aime créer des courts-métrages et des ressources médiatiques éducatives avec une optique de décolonisation et d’anti-racisme. Elle trouve son inspiration dans la vie de tous les jours, autant que dans les rencontres et les discussions durant ses voyages et ses aventures.

1 commentaire

  1. Bonjour, j'aimerais bien savoir comment Valérie a amorcé sa carrière outre-mer. Avait-elle un contact là bas? Visa de travail? Ses diplomes étaient reconnus?
    Merci d'avance

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